Lionel Mandeix

31 mars 2013

Lionel Mandeix

 J’ai rencontré Lionel, pour la première fois, sur le tournage du film de Didier Awadi. A l’époque, l’équipe tournait à la Médina, dans l’entre de Doudou Ndiaye Rose, le fameux percussionniste.



Aujourd’hui, c’est à Gorée, dans une superbe maison de l’époque coloniale, que je retrouve le réalisateur et son équipe.  Lionel finissait tout juste les dernières prises du groupe Takeifa. Assise à quelques pas du lieu de tournage, j’attendais patiemment Mr Mandeix.  L’équipe rangeait maintenant le matériel dans le brouhaha  du groupe électrogène… Lionel m’accorda quelques minutes et répondit à mes questions…  

 


 

Tout a commencé il y’a des années de çà.  Le jeune Lionel intègre une école supérieure de marketing. Après ses études, il rentre en Agence de Communication. Il débute en tant que commerciale… Lionel crée d’abord des maquettes. Des maquettes, il passe à la création. Le jeune créatif devient bientôt Directeur Artistique. Lionel débute dans le même temps, la photographie. Bientôt, la vie le conduit aux portes du cinéma…

Lionel ne se définit pas comme un réalisateur ou un artiste.  C’est un homme qui fait les choses par vibrations. Par là, j’entends, qu’il suit son feeling et son envie de créer des choses différents. Grace à de formidables outils, appareils photos, lumières et autres objets, Lionel met en exergue un monde qui devient tous de suite plus surprenants, colorés et vibrant !

« En ce moment, j’essaye de faire des choses qui me font vibrer. Ca va de la pub à la musique. Ici, ca vibre un peu plus dans la musique, que dans la pub ! Même si la pub au Sénégal est entrain d’évoluer… à chaque fois c’est de nouvelles expériences. »

Lionel est à l’origine d’un grand nombre d’images diffusées quotidiennement sur nos réseaux et chaines locales. Il a notamment réalisé « Celebrate » de Daara J Family. Avant cela, Lionel a tourné le clip d’Hampaté et le Sahel Blues, dans le Désert de Loumpoul. Nous l’avions d’ailleurs croisé à l’époque, le groupe était également un des invités de la Troisième Editions du Festival du Sahel 2012. Lionel a aussi conçu une série de clip pour « Président d’Afrique » de Didier Awadi.

 


 

«Les projets qu’on réalise vont du hiphop au Mbalax. » Lionel choisit ses projets en fonction de la vibration, de l’effet que produire la musique. Il réalise aussi quand ses interlocuteurs ont la volonté de faire quelque chose de différent.

« Regarde Adiouza. J’ai fait ses deux derniers clips. C’était différant, c’était agréable à travailler. Guigui également, et pourtant  je ne connaissais pas sa musique. Mais elle avait envie que ca bouge, qu’il y est des choses nouvelles. Et ca, ca me parle. »

Lionel ne filme pas, il fait partie de la conception, de l’histoire. La musique crée une dimension, et les images se doivent de raconter autre chose. Il faut sortir du texte, de la première lecture et permettre aux images de créer un univers différent.  Quand Lionel rencontre un artiste, qui est dans une énergie positive et qu’il ou elle a envie de faire des choses étonnantes et bien, il fonce. « I time », le dernier clip d’Iscience, est un des exemples qui lui vient en tète.

« Ca a été une superbe expérience. Plonger dans la médina comme ca… Et puis même si les images sont classiques, il y’a quelques choses de touchant et d’émouvant» J’ajouterais que Lionel réussit à mettre en valeur, l’univers de l’artiste. Le clip d’Iscience leur ressemble beaucoup. Une dimension colorée, emplie de joie de vivre.  Vous pouvez retrouver tous les clips de Lionel, sur sa chaine You tube ; http://www.youtube.com/user/bigjumpvideo

Il entre dans l’univers du clip en 1997 avec le réalisateur SebJaniak (Daft Punk,Method Man,Janette Jackson,NTM,…)

 


 

A son arrivée au Sénégal, Lionel travaillait dans la publicité, puis il eu la rencontre avec Didier Awadi. C’est ainsi que Lionel se retrouve à tourner son premier clip ; «  Dans mon rêve » extrait de Président d’Afrique. D’un clip, il est passé à trois, puis sept et ainsi de suite…

Aujourd’hui, les choses ont bien avancés. Depuis ses deux dernières années, Lionel Mandeix a réalisé une quarantaine de clips… L’entreprise nommée Milk, c’est agrandit. Lionel travail avec un nouveau collaborateur, Loïc. Ensemble, ils produisent plus.  Sa présence permet d’avoir de nouvelles ambitions pour les clips.  « Pour Takeifa, nous avons fait quatre jours de tournages, dans différents sites ; Gorée, la  Biscuiterie et le Lac Rose… » Amplifier l’activité du clip voilà ou se place l’ambition de Milk. Dans ce contexte, Lionel prépare un projet avec des artistes sénégalais, sur des musiques plus électro. « Ca va être surprenant. ca va changer… Et à coté de çà, on a sept ou huit clips en attentes. »Lionel me rappel qu’il ne fait pas que des grosses productions. Il fait aussi des petites productions. Parce qu’encore une fois, c’est vraiment un rapport affectif.  Lionel va surement refaire un clip avec Daara J Family.

Le faiseur d’images a de nombreuses inspirations.  Cela va du cinéma au clip, à la peinture. Après quelques minutes de réflexions, il cite Kubrick et Tarantino.  «J’ai vu récemment Django, je me suis pris une claque ! » Pour être un bon réalisateur selon Lionel, il faut avoir une bonne oreille. Pare que tu vas chercher les images dans le son.  Il faut comprendre ce que l’artiste a fait et comprendre ce qu’il a voulu raconter. Il faut également comprendre son univers émotionnel. «A Partir de là, tu décides de peindre quelque chose. Il doit sauter une marche et passer à autre chose.» Aujourd’hui, selon lui, une chaine de télévision, le seul espace ou il y’a encore de la création, c’est le clip. Bien sûre les moyens injectés dans le projet joue un rôle, tout le monde n’a pas accès à du cinéma.

« Je suis arrivé là, il y’a huit ans, et je ne suis jamais repartie. Et puis ma femme est sénégalaise. La culture au Sénégal a besoin d’énergie, d‘émotion et de surprises… Ce n’est pas forcément nouveau comme concept ajoute Lionel. Mais faut recycler les choses est innover. »

 


 

Lionel a touché à la musique à une période, mais très vite, il a arrêté. «Chacun sont job. C’était plus pour délirer…»  L’artiste a également exposé pendant le Fesman au Radison, un projet photo ; « Black Skin.» Le Lionel voulait présenter Black Skin 2, mais c’est tombé au moment des campagnes anti-Xhesseul. Il n’’avait pas envie d’être taxé de suiveur ou de racoleur, du cout il a rangé le projet. Lionel a travaillé longtemps dans la mode. « Je trouvais çà intéressant de bosser dans la mode et puis avec ses magnifiques peaux noirs. »

Son mots de la fin : «Dans la vie, si tu ne sais pas quoi faire, fais déjà ce que tu as envie. Parce que c’est le premier facteur de réussite. Si tu fais ce que t’as envie, t’es à peu prés sure de t’en sortir. Si tu te lève juste pour gagner de l’argent, au bout d’un moment, tu te lèves et tu te demandes pourquoi tu t’es levé. »

C’est sur ces bonnes paroles, que notre interview se termine…

 


 

 
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